Biscuit industriel : impacts sur la santé, alternatives et astuces pour mieux grignoter

Biscuit industriel : impacts sur la santé, alternatives et astuces pour mieux grignoter

Il est 16h. Vous enchaînez les mails, la réunion a débordé, et votre cerveau réclame une récompense. Direction le tiroir du bureau ou le placard de la cuisine : un paquet de biscuits industriels fait « l’affaire ». Vous vous dites que ce n’est « pas si grave », que vous en prenez « juste deux ou trois »… et le paquet finit souvent entamé bien plus que prévu.

Ce grignotage-là, beaucoup de mes patients le vivent au quotidien. Le problème, ce n’est pas un biscuit de temps en temps. C’est la répétition, la quantité… et surtout la composition de ces biscuits industriels, pensés pour être irrésistibles, pas pour protéger votre santé.

Dans cet article, on va regarder ensemble :

  • ce qu’il y a vraiment dans un biscuit industriel
  • les impacts sur votre santé (poids, cœur, glycémie, intestin…)
  • comment repérer les biscuits les moins « mauvais »
  • des alternatives simples et réalistes pour mieux grignoter
  • un plan d’action concret pour changer sans se priver
  • Ce qu’il y a vraiment dans un biscuit industriel

    Un biscuit, sur le papier, c’est simple : farine, un peu de sucre, un peu de matière grasse, éventuellement des œufs. En pratique, dans l’industrie, on est souvent très loin de cette version « maison ».

    Si vous regardez la liste d’ingrédients d’un paquet de biscuits classiques (type sablés, biscuits fourrés, cookies en grande surface), vous verrez souvent :

  • Farines très raffinées : farine de blé blanche (type T45 ou T55), parfois amidon modifié. Résultat : un index glycémique élevé, donc un pic de sucre dans le sang, puis un « coup de mou » derrière.
  • Beaucoup de sucres ajoutés : sucre, sirop de glucose-fructose, dextrose, maltose… Plus il y a de noms différents, plus la charge sucrée totale est élevée.
  • Matières grasses de mauvaise qualité : huiles raffinées (palme, coprah, palmiste) riches en acides gras saturés. Parfois non hydrogénées (donc sans gras trans), parfois partiellement hydrogénées (plus problématiques).
  • Additifs multiples : émulsifiants (E322, E471, E472…), arômes artificiels, colorants, agents de texture, conservateurs. Pas tous dangereux individuellement, mais leur accumulation interroge.
  • Très peu de fibres : la plupart des biscuits industriels sont pauvres en fibres (souvent <2 g/100 g), ce qui augmente la vitesse d’absorption du sucre.
  • Résultat : un produit très énergétique (souvent 450 à 520 kcal pour 100 g), très sucré, très gras, peu rassasiant… et très facile à surconsommer.

    Pour vous donner un ordre d’idée :

  • 3 à 4 biscuits type sablés standard = environ 150 à 200 kcal
  • 4 biscuits fourrés au chocolat = souvent 200 à 230 kcal
  • Une portion « raisonnable » se situe autour de 2 biscuits dans la plupart des paquets… ce qui n’est presque jamais respecté
  • Quels sont les impacts sur la santé ?

    Un paquet de biscuits ne va pas ruiner votre santé. Mais une consommation régulière (par exemple tous les jours au goûter ou le soir devant la TV) s’inscrit dans ce que l’on appelle les aliments ultra-transformés, associés à différents risques en santé publique.

    Plusieurs grandes études (dont des travaux français de la cohorte NutriNet-Santé) ont montré qu’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à :

  • Une augmentation du risque de surpoids et d’obésité
  • Un risque plus élevé de diabète de type 2
  • Un risque accru de maladies cardiovasculaires
  • Un lien probable avec certains cancers
  • Les biscuits industriels cochent beaucoup de cases : sucre + gras + sel + additifs + faible densité nutritionnelle. Voyons les mécanismes en jeu.

    1. Surpoids et stockage des graisses

    Les biscuits industriels apportent beaucoup de calories pour un faible volume. Ils se mangent vite, sans mastication prolongée, et n’apportent quasiment pas de protéines ni de fibres, les deux principaux leviers de la satiété.

    Conséquences :

  • on a tendance à en manger plus que prévu
  • ils « s’ajoutent » à l’alimentation de base au lieu de remplacer un repas
  • l’excès d’énergie est stocké sous forme de graisse, surtout au niveau abdominal
  • 2. Pic de sucre, coup de barre, envie de re-sucre

    Farines raffinées + sucres rapides = hausse rapide de la glycémie. Le corps répond par un pic d’insuline, qui fait baisser la glycémie parfois trop vite, avec à la clé :

  • fatigue, somnolence
  • faim ou envies de sucre 1 à 2 heures après
  • À long terme, ce yo-yo glycémique favorise la résistance à l’insuline et le diabète de type 2, surtout si vous avez déjà :

  • un surpoids abdominal
  • des antécédents familiaux de diabète
  • une faible activité physique
  • 3. Cœur et vaisseaux sous pression

    Côté matières grasses, beaucoup de biscuits sont riches en acides gras saturés. En excès et sur le long terme, ils participent à :

  • l’augmentation du LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol »)
  • l’inflammation de bas grade
  • un risque cardiovasculaire plus élevé (infarctus, AVC)
  • Si vous avez déjà un cholestérol élevé, de l’hypertension ou des antécédents cardiovasculaires dans la famille, c’est un point à surveiller de près.

    4. Intestin et microbiote

    Beaucoup de biscuits industriels contiennent des émulsifiants et autres additifs dont l’innocuité à long terme, en accumulation, est discutée. Certaines études suggèrent qu’ils pourraient :

  • modifier la composition du microbiote intestinal
  • favoriser une inflammation légère mais chronique de la paroi intestinale
  • Ajoutez à cela le manque de fibres et vous obtenez un cocktail peu favorable à un microbiote diversifié et protecteur.

    5. Relation à la nourriture et « pilotage automatique »

    Les biscuits industriels sont conçus pour être hyper-palatables : juste ce qu’il faut de sucre, de gras et de croquant pour vous donner envie d’en reprendre. On les mange souvent :

  • devant un écran (TV, ordinateur, téléphone)
  • en travaillant
  • en répondant à des mails
  • Résultat : vous ne voyez pas passer les quantités, et votre cerveau associe la moindre baisse de concentration ou de moral à l’envie de « grignoter sucré ».

    Comment choisir un biscuit industriel « moins pire » ?

    Si vous aimez vraiment les biscuits, l’objectif n’est pas de les bannir à vie, mais de :

  • réduire la fréquence et la quantité
  • élever la qualité quand vous en consommez
  • Voici des repères concrets quand vous regardez l’étiquette :

    1. Liste d’ingrédients la plus courte possible

  • Idéalement moins de 8–10 ingrédients
  • Des ingrédients que vous pourriez avoir chez vous : farine, œufs, beurre ou huile, sucre, levure…
  • Méfiez-vous des listes où les sucres se multiplient (sucre + glucose-fructose + sirop de blé + dextrose…)
  • 2. Moins de sucre

  • Visez < 20 g de sucres totaux pour 100 g si possible
  • Au-delà de 25–30 g/100 g, on est sur un produit très sucré
  • 3. Matières grasses de meilleure qualité

  • Privilégiez le beurre ou les huiles végétales non hydrogénées (tournesol, colza, olive…)
  • Limitez les biscuits où l’huile de palme ou coprah arrive dans les tout premiers ingrédients
  • 4. Plus de fibres

  • Choisissez des biscuits avec ≥ 3 g de fibres pour 100 g au minimum
  • Mieux : > 6 g/100 g (souvent mentionné comme « riche en fibres »)
  • Présence de farine complète, flocons d’avoine, fruits à coque, graines : bon point
  • 5. Additifs en nombre limité

  • Un ou deux émulsifiants ou arômes, ce n’est pas dramatique
  • Une longue liste de E***, surtout pour un simple biscuit, est un signal de forte transformation
  • Et surtout : considérez la portion réelle que vous mangez, pas celle indiquée sur le paquet. Si la portion « officielle » est de 2 biscuits mais que vous en prenez 6, multipliez tout par 3.

    Les alternatives sucrées plus intéressantes pour le goûter

    Sevrer brutalement tous les biscuits industriels n’est ni nécessaire ni réaliste. L’idée est de trouver des options qui :

  • vous font plaisir
  • apportent un meilleur profil nutritionnel
  • sont faisables dans votre organisation
  • Voici des alternatives, classées du plus simple au plus « cuisiné ».

    1. Fruits frais + oléagineux

    C’est le duo gagnant pour un goûter ou un encas :

  • 1 fruit (pomme, poire, banane, clémentines, fruits rouges, raisin…) +
  • une petite poignée de fruits à coque non salés (10–15 amandes ou noix / jour environ)
  • Intérêt :

  • fibres, vitamines, antioxydants
  • bonnes graisses insaturées
  • effet rassasiant durable
  • 2. Yaourt nature + ajout « maison »

    Un yaourt nature (classique ou végétal enrichi en calcium) que vous « customisez » :

  • 1 cuillère à soupe de flocons d’avoine ou de muesli peu sucré
  • quelques morceaux de fruits frais ou surgelés
  • 1/2 cuillère à café de miel ou de purée d’oléagineux si besoin
  • En pratique, vous contrôlez le sucre et vous gagnez en protéines, ce qui cale mieux que des biscuits.

    3. Chocolat noir + fruit

    Pour les amateurs de chocolat :

  • 2 carrés de chocolat noir > 70 % cacao
  • + 1 fruit
  • On reste sur un plaisir sucré, mais plus riche en polyphénols et souvent un peu moins « dévoreur » que les biscuits fourrés.

    4. Pain complet + garniture

    Une tranche de pain complet ou aux céréales (30–40 g) avec :

  • un peu de beurre
  • ou de purée de cacahuète / amande sans sucre ajouté
  • ou une fine couche de confiture
  • Cela peut sembler « moins fun » qu’un biscuit, mais en termes de satiété, on est souvent gagnant.

    5. Biscuits maison simplifiés

    Si vous avez un peu de temps le week-end, vous pouvez préparer un lot de biscuits « maison » en contrôlant les ingrédients. Par exemple :

  • Flocons d’avoine + banane écrasée + un peu de purée de cacahuète + pépites de chocolat noir, au four 10–12 min
  • Biscuits type sablés avec moitié moins de sucre que la recette standard et farine semi-complète
  • Astuce : faites-en une quantité raisonnable (pour 3–4 jours), stockez-les dans une boîte hermétique, et définissez à l’avance la portion (par exemple 2 biscuits) au lieu de piocher librement.

    Comment réduire les biscuits industriels sans se sentir puni ?

    Changer une habitude de grignotage, ce n’est pas qu’une question de volonté. C’est une question d’organisation et d’environnement. Voici un plan d’action progressif.

    Étape 1 : Faire l’état des lieux honnête

    Sur une semaine, notez sans vous juger :

  • Quand vous mangez des biscuits (heure, contexte)
  • Combien vous en prenez réellement
  • Ce que vous ressentez juste avant (fatigue, stress, ennui, faim…)
  • Au bout de 7 jours, vous verrez émerger des schémas : 16 h au travail, devant les séries le soir, en voiture, etc. C’est sur ces moments-là qu’on va agir.

    Étape 2 : Agir en priorité sur UN moment de la journée

    Ne cherchez pas à tout transformer d’un coup. Choisissez :

  • soit le grignotage qui vous gêne le plus (ex : le soir devant la TV)
  • soit celui qui est le plus facile à modifier (ex : la collation au bureau)
  • Exemples :

  • Au boulot : remplacer les biscuits de 16 h par un fruit + 10 amandes, que vous apportez le matin
  • Le soir : décider qu’il n’y a plus de biscuits dans le salon, seulement une tisane + un carré de chocolat noir si besoin
  • Étape 3 : Modifier l’environnement

    C’est souvent plus puissant que la volonté :

  • Ne gardez pas plusieurs paquets de biscuits ouverts « à portée de main »
  • Rangez-les dans un placard peu accessible, ou n’achetez que des packs individuels (moins écolos, mais parfois utile en transition)
  • Préparez à l’avance vos alternatives (fruits, oléagineux, yaourts, biscuits maison)
  • Étape 4 : Revenir à la vraie faim

    Avant d’ouvrir un paquet, posez-vous la question :

  • Est-ce que j’ai vraiment faim (ventre qui gargouille, vide) ?
  • Ou est-ce plutôt : stress, ennui, habitude, récompense ?
  • Si ce n’est pas une vraie faim :

  • Buvez un grand verre d’eau
  • Levez-vous, marchez 3 minutes
  • Respirez profondément 5 fois
  • Ensuite, si l’envie persiste, choisissez votre portion de biscuit en conscience (ex : 2 biscuits dans une petite assiette), et mangez-les assis, sans écran, en vous concentrant sur le goût. L’idée n’est pas de se frustrer, mais de sortir du pilotage automatique.

    Étape 5 : Se fixer des repères hebdomadaires

    Plutôt que de se dire « j’arrête les biscuits », fixez-vous des limites claires :

  • Par exemple : biscuits industriels 2 fois par semaine maximum
  • Limiter à 2–3 biscuits par prise
  • Le reste du temps : alternatives (fruit, yaourt, chocolat noir, etc.)
  • Vous pouvez aussi garder les biscuits pour des moments vraiment plaisirs (week-end, sortie, café avec des amis) plutôt que pour combler un coup de fatigue au travail.

    Quand faut-il vraiment s’inquiéter de sa consommation de biscuits ?

    Quelques situations où il est utile d’en parler à votre médecin ou à un professionnel de santé :

  • Vous mangez des biscuits (ou autres produits sucrés) tous les jours, plusieurs fois par jour
  • Vous ne parvenez pas à vous arrêter une fois le paquet ouvert
  • Vous utilisez systématiquement le sucre pour gérer vos émotions (stress, tristesse, ennui)
  • Vous avez pris plusieurs kilos ces derniers mois sans comprendre pourquoi
  • Vous avez des antécédents familiaux de diabète, de maladies cardiovasculaires ou un prédiabète déjà identifié
  • Dans ces cas, l’enjeu dépasse le simple « grignotage innocent ». Un accompagnement nutritionnel, voire psychologique si la relation à la nourriture est compliquée, peut vraiment faire la différence.

    À retenir et mettre en pratique dès cette semaine

    Pour résumer de façon opérationnelle :

  • Les biscuits industriels combinent souvent beaucoup de sucre, de graisses peu favorables, peu de fibres et des additifs : en consommation répétée, ils participent au surpoids, aux troubles métaboliques et à une mauvaise qualité globale de l’alimentation.
  • Un biscuit de temps en temps n’est pas un problème. Ce qui compte, c’est la fréquence, la quantité… et ce qu’ils remplacent (un vrai goûter équilibré, par exemple).
  • Vous pouvez choisir des biscuits « moins pires » en regardant : liste d’ingrédients courte, < 20 g de sucres/100 g, matières grasses de meilleure qualité, au moins 3 g de fibres/100 g.
  • Des alternatives simples existent : fruits + oléagineux, yaourt nature enrichi « maison », chocolat noir + fruit, pain complet + garniture, biscuits maison plus sobres.
  • Le changement se fait par étapes : commencer par un seul moment de grignotage dans la journée, adapter l’environnement, poser la question de la vraie faim, et se fixer des repères hebdomadaires plutôt que des interdits absolus.
  • Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour améliorer votre santé. Si cette semaine, vous remplacez déjà deux ou trois séances de « biscuits automatiques » par une alternative plus intéressante, votre corps le sentira… et vous aussi.