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Santé mentale au travail : stratégies pour réduire le stress au quotidien et éviter la surcharge émotionnelle

Santé mentale au travail : stratégies pour réduire le stress au quotidien et éviter la surcharge émotionnelle

Santé mentale au travail : stratégies pour réduire le stress au quotidien et éviter la surcharge émotionnelle

Vous fermez votre ordinateur le soir… mais votre cerveau, lui, ne se met jamais en veille. Mails qui reviennent en boucle, remarques du manager à ressasser, sentiment de ne jamais en faire assez. Et parfois, cette impression étrange d’être « vidé » dès le matin, avant même d’avoir commencé.

Si vous vous reconnaissez dans cette description, vous n’êtes pas seul. Le stress au travail et la surcharge émotionnelle ne touchent plus seulement quelques « métiers à risque ». Ils concernent aujourd’hui tous les secteurs, tous les niveaux de responsabilité, et même le télétravail, qu’on imaginait plus « confortable ».

La bonne nouvelle : on sait de mieux en mieux comment le stress agit sur notre cerveau et notre corps, et surtout ce qui fonctionne réellement pour le réduire au quotidien. L’objectif de cet article : vous proposer une boîte à outils concrète, hiérarchisée, applicable dans une semaine de travail normale… sans vous demander de tout plaquer pour partir vivre dans une cabane au fond des bois.

Stress normal ou surcharge émotionnelle : faire la différence

Avant de parler solutions, il faut mettre un peu d’ordre dans les mots.

Le stress en lui-même n’est pas « mauvais ». C’est une réaction normale de l’organisme face à un défi : dossier urgent, prise de parole, changement important. À petite dose et sur une courte période, il peut même être stimulant.

Le problème, c’est quand ce stress devient :

C’est là que l’on parle de surcharge émotionnelle. Votre cerveau ne parvient plus à « digérer » ce qu’il vit : les émotions s’accumulent, la fatigue s’installe, les réactions deviennent disproportionnées (colère pour un détail, envie de pleurer pour une remarque mineure, irritabilité permanente…).

Les signes qui doivent vous alerter au travail :

Quand ces signaux se répètent plusieurs semaines, on n’est plus dans un « simple coup de stress ». On entre dans un terrain à risque pour :

Ce n’est pas là pour vous faire peur, mais pour rappeler que la santé mentale au travail est un vrai sujet médical, pas une histoire de « manque de caractère ».

Quand faut-il consulter sans attendre ?

Voici les situations où une consultation médicale (médecin traitant, médecin du travail, psychiatre ou psychologue) est fortement recommandée :

Dans ces cas, les stratégies que je vais vous proposer plus bas restent utiles, mais ne suffisent pas. Elles doivent s’intégrer dans une prise en charge globale, éventuellement avec arrêt de travail, soutien psychologique ou traitement adapté.

Agir à la source : ce qui pèse vraiment dans vos journées

On ne peut pas supprimer tous les facteurs de stress. En revanche, on peut souvent réduire une partie de la charge mentale… à condition de l’identifier clairement.

Je vous propose un exercice très simple, à faire sur une semaine de travail :

Au bout de 5 jours, cherchez les répétitions :

Pourquoi faire ça ? Parce que votre cerveau a tendance à mélanger tout en un « gros paquet de stress ». Or, pour agir efficacement, il faut cibler. Ce travail de repérage est la première marche, souvent négligée.

Stratégies prioritaires au travail : ce qui a le plus d’impact

On va commencer par ce qui change le plus de choses pour la plupart des gens, sans demander des heures de plus dans la journée.

Clarifier, prioriser, dire non (sans se fâcher avec tout le monde)

La surcharge émotionnelle vient souvent d’un mélange de trois éléments :

Trois leviers concrets :

Les micro-pauses qui évitent l’explosion

Votre cerveau n’est pas conçu pour rester 8 heures concentré sans pause. Les études montrent qu’au-delà de 60 à 90 minutes de concentration soutenue, la performance diminue et le stress augmente.

Trois types de pauses utiles, à intégrer dans votre journée :

Si vous prenez 3 à 6 mini-pauses dans la journée, vous n’êtes pas moins productif, au contraire. Vous évitez d’atteindre le point de saturation où l’on ne fait plus rien de bien, mais en étant épuisé.

Protéger sa santé mentale en télétravail

Le télétravail peut réduire certains stress (transports, open space bruyant), mais en créer d’autres :

Quelques repères simples :

Gérer les émotions fortes : quelques outils concrets

Surcharge émotionnelle ne veut pas dire « vous êtes trop sensible ». Cela signifie surtout que votre système est trop sollicité sans suffisamment de récupération.

Deux outils simples, validés par la recherche en psychologie, peuvent vous aider à mieux traverser les vagues émotionnelles.

Nommer ce que vous ressentez

Une émotion non identifiée prend plus de place. La nommer active des zones du cerveau qui aident à la réguler. La prochaine fois que vous sentez la pression monter, testez :

Vous pouvez le faire à voix haute si vous êtes seul, ou mentalement. C’est simple, mais ce petit pas de côté entre vous et votre émotion permet de ne plus la subir entièrement.

La technique du carnet de déchargement

Si vous avez tendance à ruminer le soir ou la nuit :

Votre cerveau a l’impression que c’est « stocké quelque part ». Il peut plus facilement lâcher prise, au moins pour la nuit.

Renforcer ses « protections » en dehors du travail

On parle souvent d’équilibre vie pro / vie perso. En pratique, cet équilibre repose sur quelques piliers concrets, qui jouent un rôle de « bouclier » contre le stress chronique.

Sommeil : la base trop souvent sacrifiée

Le manque de sommeil amplifie toutes les émotions négatives et diminue notre capacité à relativiser. C’est comme regarder sa journée à travers une loupe déformante.

Objectif réaliste pour la plupart des adultes : 7 à 9 heures de sommeil par nuit. Si vous êtes régulièrement en dessous de 6 heures, votre « capital mental » est en déficit.

Trois actions simples :

Activité physique : un antidote scientifiquement prouvé

Pas besoin de devenir marathonien pour ressentir les effets sur le mental. Les données sont claires : 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée (marche rapide, vélo tranquille, natation, danse…) réduisent significativement le risque de dépression et d’anxiété.

Traduction concrète dans une vie chargée :

Si c’est trop loin de votre point de départ, commencez par :

L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité. Votre cerveau, lui, ne regarde pas votre chrono. Il réagit surtout à la répétition du mouvement.

Relations sociales : sélectionner plutôt qu’accumuler

On ne choisit pas toujours ses collègues, mais on peut choisir avec qui on nourrit de vraies relations de soutien.

Question simple à se poser : avec qui je me sens un peu plus léger après une conversation ?

Ces personnes-là (au travail ou en dehors) sont des ressources précieuses. Essayez de maintenir au moins 2 à 3 contacts significatifs par semaine (déjeuner, appel, marche, café).

À l’inverse, si certains échanges vous laissent systématiquement vidé ou tendu, mettez des limites de temps ou de fréquence quand c’est possible. Se protéger n’est pas être égoïste, c’est préserver sa santé.

Et l’entreprise dans tout ça ?

On pourrait avoir l’impression, en lisant tout ça, que toute la responsabilité repose sur les épaules du salarié. C’est faux.

La prévention des risques psychosociaux est une obligation légale pour les employeurs en France. Cela inclut :

Si vous sentez que la situation dépasse ce que vous pouvez gérer seul, plusieurs interlocuteurs existent :

Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte de responsabilité. Le coût d’un burn-out, humainement et professionnellement, est bien plus élevé qu’un réajustement précoce.

Par où commencer cette semaine ?

Face à toutes ces informations, la tentation est de vouloir tout changer d’un coup… et de ne rien changer du tout. Je vous propose une autre approche : 3 actions maximum, à tester sur les 7 prochains jours.

Notez ce que vous choisissez, mettez-le quelque part en évidence (post-it, agenda, téléphone) et faites simplement l’expérience. Vous verrez que de petits ajustements répétés ont souvent plus d’effet que de grands projets jamais mis en œuvre.

Votre santé mentale au travail ne se joue pas uniquement dans les grands discours sur la qualité de vie, mais dans ces gestes du quotidien, dans votre façon de prendre au sérieux les signaux de votre corps et de votre esprit. Et ça, c’est entre vos mains… avec, si besoin, l’appui de votre médecin, de votre entourage et de vos collègues de confiance.

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