ActiSanté

Prévention des cancers : rôle de l’alimentation, de l’activité physique et du dépistage dans la réduction des risques

Prévention des cancers : rôle de l’alimentation, de l’activité physique et du dépistage dans la réduction des risques

Prévention des cancers : rôle de l’alimentation, de l’activité physique et du dépistage dans la réduction des risques

« Dans ma famille, on a tous eu un cancer, alors de toute façon, ça me tombera dessus. »

Cette phrase, je l’entends régulièrement en consultation. Elle traduit une idée très répandue : le cancer serait une fatalité. Pourtant, ce n’est pas ce que nous disent les données scientifiques.

En France, on estime qu’environ 40 % des cancers pourraient être évités en agissant sur nos habitudes de vie : alimentation, activité physique, consommation de tabac et d’alcool, exposition au soleil… Et en ajoutant le dépistage organisé, on peut encore réduire le risque de formes graves.

Dans cet article, on va se concentrer sur trois leviers que vous pouvez réellement actionner, dès cette semaine :

Objectif : vous donner un plan simple et hiérarchisé pour réduire concrètement votre risque de cancer, sans régime farfelu ni marathon obligatoire.

Ce que la science nous dit : le cancer n’est pas que génétique

Oui, il existe des cancers liés à des mutations génétiques héréditaires. Mais ils restent minoritaires : selon l’Institut National du Cancer (INCa), seulement 5 à 10 % des cancers sont directement liés à une prédisposition génétique forte.

Le reste ? Il est influencé par une combinaison de facteurs :

Parmi ces facteurs, trois sont entre vos mains au quotidien :

Est-ce que cela garantit à 100 % que vous n’aurez jamais de cancer ? Non. Mais cela permet de réduire significativement le risque, et aussi d’augmenter les chances que, s’il survient, il soit détecté plus tôt et donc mieux traité.

Alimentation et cancer : démêler idées reçues et vrais leviers

On lit de tout sur les « aliments anti-cancer » : jus miracle, compléments hors de prix, régimes extrêmes… Or, la recherche est beaucoup plus sobre : ce qui protège, ce ne sont pas des super-aliments isolés, mais un ensemble d’habitudes régulières.

Les grands principes issus des recommandations (INCa, WCRF) :

Alimentation : 5 priorités concrètes pour réduire le risque de cancer

Voici un plan d’action classé par ordre d’impact et de faisabilité.

1. Réduire la charcuterie au minimum

La charcuterie (jambon, saucisson, bacon, lardons, saucisses, rillettes…) est classée « cancérogène avéré » par l’OMS (groupe 1), en particulier pour le cancer colorectal.

Repère pratique :

Astuce : remplacez le jambon dans les sandwichs par :

2. Modérer la viande rouge

La viande rouge (bœuf, porc, agneau, cheval, chèvre) est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal à partir de certaines quantités.

Repères :

3. Faire la chasse aux produits ultra-transformés

De nombreuses études françaises (dont l’étude NutriNet-Santé) suggèrent un lien entre forte consommation de produits ultra-transformés et risque accru de cancers.

Concrètement, il s’agit de :

Objectif réaliste :

4. Augmenter fibres, fruits et légumes : le trio protecteur

Les fibres (présentes dans légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes) ont un rôle protecteur démontré pour le cancer colorectal, entre autres.

Votre objectif quotidien :

Exemple de journée simple :

5. Alcool : pas de « petite dose protectrice »

Contrairement à une idée tenace, aucune dose d’alcool n’est bénéfique pour la santé. Même à faible dose, l’alcool augmente le risque de plusieurs cancers (sein, bouche, œsophage, foie, colorectal).

Recommandation officielle en France :

Un verre standard = 10 g d’alcool pur (25 cl de bière à 5°, 10 cl de vin à 12°, 3 cl de whisky).

Si vous êtes déjà au-dessus, commencez par :

Poids, activité physique et cancer : pourquoi bouger protège

Le surpoids et l’obésité sont impliqués dans plusieurs cancers : sein (après la ménopause), endomètre, rein, foie, colorectal, pancréas… Mais ce n’est pas uniquement une histoire de « kilos » : l’inactivité en elle-même augmente aussi le risque.

Comment l’activité physique protège-t-elle ?

Bonne nouvelle : il ne s’agit pas de performance sportive, mais surtout de réduire le temps passé assis et bouger régulièrement.

Activité physique : combien de temps faut-il vraiment bouger ?

Les recommandations de l’OMS et de Santé publique France pour les adultes :

Ça semble beaucoup ? Regardons autrement :

Plan d’action « bouger plus » selon votre point de départ

1. Vous êtes très sédentaire (beaucoup de temps assis, peu d’activité)

Objectif des 2 à 4 prochaines semaines :

Quand ces 10 minutes sont devenues une habitude, passez à 20, puis 30 minutes.

2. Vous bougez occasionnellement

Vous marchez parfois, faites un peu de sport le week-end.

Objectif :

3. Vous êtes déjà actif

Vous faites au moins 150 minutes d’activité modérée.

Objectif :

Dans tous les cas, si vous avez une maladie chronique (cardiaque, respiratoire, métabolique) ou des symptômes anormaux à l’effort (douleurs thoraciques, essoufflement inhabituel, malaise), parlez-en à votre médecin avant d’augmenter fortement votre niveau d’activité.

Dépistage des cancers : à quel moment passer des tests, et lesquels ?

Même avec une hygiène de vie exemplaire, le risque zéro n’existe pas. C’est là qu’intervient le dépistage : il ne « prévient » pas le cancer, mais permet de le repérer tôt, avant les symptômes, quand il se soigne beaucoup mieux.

En France, trois programmes de dépistage organisé sont proposés à certaines tranches d’âge :

1. Cancer du sein (femmes de 50 à 74 ans)

À risque élevé (antécédents familiaux importants, mutation génétique connue…), un suivi spécifique peut être proposé dès 30–35 ans.

2. Cancer colorectal (hommes et femmes de 50 à 74 ans)

Le kit est remis par le médecin, le pharmacien ou envoyé à domicile dans le cadre du programme national.

3. Cancer du col de l’utérus (femmes de 25 à 65 ans)

À compléter par la vaccination contre les papillomavirus (HPV) chez les adolescents, recommandée entre 11 et 14 ans, avec rattrapage possible plus tard.

Dépistage : quand faut-il consulter en dehors des programmes organisés ?

Les programmes organisés ne couvrent pas tous les cancers. Il y a donc des signes d’alerte à connaître, qui doivent amener à consulter sans attendre, même si vous avez « tout bien fait ».

Symptômes qui doivent faire consulter rapidement :

Est-ce qu’avoir un de ces signes signifie forcément « cancer » ? Non. Beaucoup d’autres maladies, souvent bénignes, peuvent donner des symptômes similaires. Mais ignorer ces signaux pendant des mois est l’un des facteurs qui entraînent un diagnostic tardif.

Votre réflexe :

Comment prioriser si tout vous semble « trop » ?

Changer alimentation, bouger plus, penser aux dépistages… on peut vite se sentir submergé. La clé : ne pas vouloir tout transformer en même temps.

Étape 1 : faire le point honnêtement

Sur une semaine, notez :

Étape 2 : choisir 2 ou 3 actions maximum pour le mois prochain

Par exemple :

Vous pouvez vous demander : « Qu’est-ce qui, dans ma situation, a probablement le plus d’impact ? »

Dans ces situations, c’est souvent le tabac, l’alcool et les dépistages manquants qui passent en tête de liste, avant le gramme de sucre ou le détail du petit-déjeuner « parfait ».

Quand demander l’aide d’un professionnel ?

Vous n’êtes pas obligé de tout gérer seul.

Un message important : il n’est jamais « trop tard ». Même après un diagnostic de cancer, améliorer l’alimentation, bouger plus et suivre les dépistages des autres cancers reste bénéfique, notamment pour la qualité de vie et le risque de récidive.

Pour résumer en une phrase : vous ne contrôlez pas tout, mais vous avez plus de pouvoir que vous ne le pensez. Un pas après l’autre, vos choix quotidiens peuvent réellement peser dans la balance face au cancer.

Quitter la version mobile