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Prévenir les troubles musculo-squelettiques chez les métiers physiques et manuels grâce à quelques réflexes simples

Prévenir les troubles musculo-squelettiques chez les métiers physiques et manuels grâce à quelques réflexes simples

Prévenir les troubles musculo-squelettiques chez les métiers physiques et manuels grâce à quelques réflexes simples

Pourquoi tant de métiers « costauds » finissent avec un corps en vrac ?

Vous portez des charges, vous vissez, vous poussez, vous tirez, vous répétez les mêmes gestes toute la journée. Le soir, ce n’est pas « j’ai bien travaillé », c’est plutôt « j’ai mal partout ».

Épaule qui tire quand vous enfilez votre blouson. Poignet qui brûle après avoir vissé ou porté des plateaux. Bas du dos qui vous rappelle à l’ordre au moindre carton à soulever. Vous vous dites peut-être : « C’est normal, c’est le métier ». En réalité, non, ce n’est pas « normal ». Fréquent, oui. Inévitable, non.

Ces douleurs ont un nom : les troubles musculo-squelettiques, ou TMS. Ce sont les premières causes de maladie professionnelle en France, surtout dans les métiers physiques et manuels. La bonne nouvelle : quelques réflexes simples, appliqués tous les jours, peuvent vraiment changer la donne.

Dans cet article, on va voir :

Objectif : que vous puissiez exercer votre métier longtemps… avec un corps qui suit.

Les TMS, c’est quoi exactement ?

Les troubles musculo-squelettiques regroupent toutes les atteintes des :

Les zones les plus touchées dans les métiers physiques et manuels sont :

Concrètement, cela se manifeste par :

Au début, la douleur part au repos. Puis elle devient chronique, vous réveille la nuit, vous empêche de travailler normalement. C’est là qu’apparaissent les arrêts de travail, les reconversions forcées… que l’on aurait souvent pu éviter.

Les études de l’INRS et de Santé publique France le confirment : adapter les gestes, le poste de travail et le rythme diminue nettement la fréquence des TMS, même dans les métiers réputés « durs ».

Qui est vraiment concerné ? (spoiler : beaucoup de monde)

Quand on parle de métiers « à risque » pour les TMS, on pense souvent au BTP. En réalité, la liste est bien plus longue :

Point commun :

Si, en plus, vous cumulez manque de sommeil, stress, peu d’activité physique en dehors du travail ou surpoids, le risque augmente encore. On ne choisit pas toujours son métier, ni son organisation, mais on peut agir sur beaucoup de choses à son échelle.

Les ennemis principaux de vos muscles et articulations

Pour agir efficacement, il faut d’abord identifier ce qui abîme vos tissus au quotidien. Les facteurs de risque les mieux démontrés sont :

L’addition de ces facteurs, jour après jour, finit par dépasser la capacité de réparation naturelle de vos tendons, muscles et articulations. Résultat : inflammation, micro-déchirures, usure.

La bonne approche : plutôt que chercher « l’astuce miracle », réduire un peu chaque facteur de risque. 10 % d’effort en moins sur plusieurs points, ça fait une vraie différence sur la durée.

Les réflexes essentiels pour protéger votre corps au travail

Voici les réflexes les plus efficaces, classés par priorité. S’ils ne sont pas tous possibles dans votre métier, visez déjà les 2 ou 3 premiers.

Réflexe 1 : préparer son corps comme un « outil de travail »

Vous ne démarreriez pas une machine à froid en plein hiver à pleine puissance. Votre corps, c’est pareil.

Avant de commencer les tâches physiques les plus lourdes, prenez 5 minutes pour « chauffer » les zones les plus sollicitées :

Durée : 3 à 5 minutes suffisent. L’objectif n’est pas de transpirer, mais de réveiller les muscles et lubrifier les articulations. Les études montrent que cela réduit le risque de blessure aiguë et améliore le confort pendant la journée.

Réflexe 2 : rapprocher la charge de soi, tout le temps

C’est un principe clé : plus la charge est loin de votre corps, plus elle pèse lourd pour votre dos et vos épaules.

Au moment de porter, pensez systématiquement :

Pour les aides-soignants et métiers du soin : utiliser au maximum les draps de glisse, les lève-personnes, demander de l’aide quand on mobilise un patient lourd. Ce n’est pas un manque de force, c’est du professionnalisme.

Réflexe 3 : soigner les postures « de base »

On ne peut pas tout faire « droit comme un i », mais on peut limiter les positions les plus agressives :

Astuce : dès qu’une posture tient plus de 1 à 2 minutes, posez-vous la question « Comment je peux faire la même chose 5 cm plus haut, plus près ou plus bas ? ».

Réflexe 4 : fractionner les efforts plutôt que « tout d’un coup »

Votre dos et vos épaules préfèrent dix efforts moyens qu’un effort énorme.

Dès que possible :

Oui, parfois le temps presse. Mais un arrêt de travail de 3 semaines pour lombalgie, en termes de productivité, c’est bien pire qu’un aller-retour de plus avec un chariot.

Réflexe 5 : des pauses actives plutôt que « s’effondrer »

Les muscles n’aiment pas l’immobilité prolongée après un effort intense. Pendant vos pauses :

Ce n’est pas du sport, c’est de l’entretien. 2 minutes bien utilisées à chaque pause changent vraiment la sensation de raideur en fin de journée.

Réflexe 6 : protéger son sommeil et sa récupération

Vos muscles et tendons se réparent surtout la nuit. Si le sommeil est trop court ou de mauvaise qualité, les micro-lésions s’accumulent.

Les priorités :

Ce point paraît « à côté du sujet ». Il est pourtant central pour prévenir les TMS chroniques.

Les signes d’alerte qui doivent vous faire réagir

Beaucoup de professionnels attendent trop longtemps avant de consulter, par peur d’être arrêtés ou de « faire des histoires ». Résultat : on voit des tendinites et des lombalgies qui durent des mois, alors qu’un traitement précoce est souvent plus simple.

Il est raisonnable de consulter un médecin si :

En urgence (SOS médecin, SAMU si besoin) si :

Le but de la consultation n’est pas juste d’avoir des médicaments, mais aussi :

Adapter ces réflexes à votre métier : quelques exemples

Selon votre activité, les priorités ne seront pas tout à fait les mêmes.

BTP, artisan du bâtiment

Aide-soignant, infirmier, aide à domicile

Agent d’entretien, ménage

Serveur, cuisinier

Coiffeur, esthéticienne, prothésiste ongulaire

Un plan d’action simple pour la semaine prochaine

Pour que ces conseils ne restent pas des « bonnes intentions », je vous propose un petit plan sur 7 jours. L’idée n’est pas de tout changer d’un coup, mais d’ancrer des réflexes.

L’objectif n’est pas d’être parfait, mais de progresser de façon réaliste dans votre contexte professionnel.

Votre corps est votre premier outil de travail. Il n’est ni incassable, ni « foutu d’avance ». Avec quelques ajustements répétés, il peut rester solide et fonctionnel pendant de longues années. Et ça, c’est peut-être votre meilleur investissement santé.

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