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Exposition aux écrans : impacts sur la vue, le sommeil et la concentration et moyens de limiter les effets

Exposition aux écrans : impacts sur la vue, le sommeil et la concentration et moyens de limiter les effets

Exposition aux écrans : impacts sur la vue, le sommeil et la concentration et moyens de limiter les effets

8h30. Vous ouvrez votre ordinateur au travail. Entre deux réunions en visio, vous jetez un œil à votre téléphone. Pause déjeuner devant une série. Retour au bureau, mails, tableaux Excel. Le soir, vous scrollez sur les réseaux « pour décompresser »… et il est déjà minuit. Vos yeux piquent, vous vous endormez mal, vous avez du mal à vous concentrer le lendemain. Situation familière ? Vous n’êtes pas seul.

Depuis le télétravail massif et l’explosion des smartphones, notre temps d’écran a littéralement explosé. En France, les adultes passent en moyenne plus de 5 à 6 heures par jour devant des écrans, parfois bien plus selon les métiers. La bonne nouvelle : ce ne sont pas les écrans en eux-mêmes qui sont « toxiques », mais la façon dont nous les utilisons. Et ça, on peut le modifier.

Écrans et vision : ce qui se passe vraiment dans vos yeux

Première croyance fréquente : « Les écrans abîment la vue ». En réalité, ils ne rendent pas myope ou presbyte par magie. Mais ils peuvent provoquer une vraie gêne visuelle, parfois très invalidante.

Les symptômes les plus fréquents :

On parle de « fatigue visuelle liée aux écrans » (ou asthénopie). Ce n’est pas une maladie grave, mais c’est un vrai signal de surcharge.

Trois mécanismes principaux sont en cause :

Ce que disent les études : à ce jour, il n’y a pas de preuve solide que la lumière bleue des écrans, aux doses habituelles, « détruit » la rétine chez l’humain. Les filtres « anti-lumière bleue » vendus comme protection miracle sont donc à relativiser. En revanche, la lumière bleue le soir perturbe clairement le sommeil (on y revient plus loin).

Quand faut-il consulter ?

Dans ces cas-là, ne mettez pas tout sur le compte des écrans : consultez un ophtalmologue ou votre médecin traitant.

Écrans et sommeil : pourquoi votre cerveau reste « en mode jour »

Vous avez déjà vécu ceci : vous tombez de fatigue, mais vous restez sur votre téléphone « juste pour 5 minutes ». Quarante-cinq minutes plus tard, vous êtes toujours là, et votre cerveau est encore plus éveillé. Ce n’est pas seulement une question de « manque de volonté », c’est un mécanisme biologique.

Deux facteurs principaux expliquent l’impact des écrans sur le sommeil :

Plusieurs études ont montré que :

Autrement dit, ce ne sont pas forcément les écrans de la journée qui abîment votre nuit, mais surtout ceux du soir.

Écrans et concentration : le faux multitâche qui épuise

Vous travaillez sur un rapport, une notification email apparaît, puis un message WhatsApp, puis une alerte d’actualité. Vous avez l’impression de tout gérer en parallèle. En réalité, votre cerveau fait des allers-retours permanents entre les tâches, ce qu’on appelle le « switch attentionnel ». C’est énergivore et peu efficace.

Conséquences documentées dans la littérature scientifique :

Les écrans ne sont pas les seuls responsables, mais ils multiplient les occasions d’interruption : notifications, multitâche, onglets multiples, sollicitation permanente. À la longue, cela entretient une difficulté à se poser sur une seule tâche, y compris en dehors du numérique (lecture d’un livre, conversation, etc.).

Chez les enfants et les adolescents, l’excès d’écrans, surtout combiné à un manque de sommeil et d’activité physique, est associé à :

Là encore, tout est question de dose, de moment et de type de contenu. Un visiocours bien structuré n’a pas le même impact qu’une succession de vidéos très rapides sur les réseaux.

Combien de temps d’écran est « acceptable » ? Repères réalistes

Dans un monde idéal, on passerait peu de temps devant les écrans. Dans la réalité, beaucoup de métiers, études et loisirs en dépendent. Le but n’est pas de revenir à l’ardoise et à la plume, mais de mettre des limites raisonnables.

Quelques repères issus des recommandations de santé publique, adaptés au quotidien :

Plus que le temps brut, ce qui compte est l’équilibre : sommeil suffisant, activité physique, temps social réel, temps sans stimulation numérique.

Plan d’action : comment limiter les effets des écrans, étape par étape

Voici un plan classé par ordre de priorité. Commencez par le niveau 1. Quand il est bien en place, ajoutez un ou deux points des niveaux suivants.

Niveau 1 : protéger votre sommeil

Niveau 2 : soulager vos yeux au quotidien

Niveau 3 : retrouver de la concentration

Niveau 4 : adapter les écrans dans la vie de famille

Et les filtres anti-lumière bleue, lunettes spéciales, applications miracles ?

Vous avez peut-être vu passer des lunettes « anti-lumière bleue » ou des applications censées « protéger » complètement des effets des écrans. Où en est la science sur le sujet ?

Quand parler à un professionnel de santé ?

L’usage excessif des écrans n’est pas seulement une question de confort. Dans certains cas, il peut révéler ou aggraver d’autres problèmes :

Dans ces situations, parlez-en avec votre médecin traitant. Il pourra :

Les écrans sont là pour rester. L’enjeu n’est donc pas de les diaboliser, mais d’apprendre à les apprivoiser. En appliquant déjà quelques règles simples – préserver votre soirée, faire des pauses visuelles, limiter les notifications – vous pouvez réduire significativement leur impact sur votre vue, votre sommeil et votre concentration.

Commencez petit, choisissez une ou deux actions dès aujourd’hui, testez-les une semaine… et ajustez. Votre cerveau, vos yeux et vos nuits vous diront merci.

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