ActiSanté

Exercices de kegel : comment les pratiquer au quotidien pour renforcer le plancher pelvien

Exercices de kegel : comment les pratiquer au quotidien pour renforcer le plancher pelvien

Exercices de kegel : comment les pratiquer au quotidien pour renforcer le plancher pelvien

Une fuite urinaire en rigolant un peu trop fort. Une sensation de « pesanteur » en fin de journée. Un jet d’urine difficile à contrôler, surtout après une grossesse, une opération de la prostate ou avec l’âge. Beaucoup de patients m’en parlent… mais souvent très tard, par gêne ou parce qu’ils pensent que « c’est normal ».

Ces situations ont un point commun : un plancher pelvien qui manque de tonus. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il existe un outil simple, discret, faisable presque partout : les exercices de Kegel.

Dans cet article, on va voir ensemble :

Le plancher pelvien : ce hamac musculaire souvent oublié

Imaginez un hamac tendu entre l’avant et l’arrière de votre bassin. Ce hamac, ce sont vos muscles du plancher pelvien. Ils soutiennent :

Ils servent à :

Problème : ce hamac peut se relâcher, se fatiguer ou au contraire être trop contracté en permanence. Dans tous les cas, ça fonctionne moins bien.

Les principaux facteurs qui fragilisent le plancher pelvien :

Résultat possible : fuites urinaires à l’effort, envies pressantes, difficultés sexuelles, sensation de boule dans le vagin ou l’anus, douleurs pelviennes, voire prolapsus (descente d’organe).

Dans beaucoup de cas légers à modérés, renforcer ce plancher pelvien avec des exercices adaptés améliore nettement les symptômes, parfois au point de les faire disparaître.

Exercices de Kegel : de quoi parle-t-on vraiment ?

Les exercices de Kegel, ce sont des contractions volontaires et répétées des muscles du plancher pelvien. Rien à voir avec les abdos, les fessiers ou les cuisses.

Objectifs :

Ces exercices sont aussi bien utiles :

Mais avant de les faire, une étape est essentielle : être sûr de contracter les bons muscles.

Comment repérer les bons muscles (et éviter les erreurs classiques)

La première difficulté que je vois en consultation : beaucoup de gens contractent… tout sauf le plancher pelvien. Ils serrent les fesses, rentrent le ventre, bloquent leur respiration. C’est contre-productif.

Voici plusieurs manières simples d’identifier les bons muscles.

Repère n°1 : comme si vous vouliez retenir un gaz

Imaginez que vous êtes en public, une envie de gaz arrive, et vous voulez absolument éviter le bruit. Le muscle que vous serrez autour de l’anus, c’est une partie du plancher pelvien.

Repère n°2 : comme si vous vouliez retenir un jet d’urine

Aux toilettes, une fois de temps en temps (pas à chaque miction), essayez de stopper le jet d’urine pendant 1 seconde, puis relâchez et laissez finir normalement. Si le jet ralentit ou s’arrête, vous êtes sur les bons muscles.

Attention : ce test ne doit pas devenir un exercice quotidien, sinon vous risquez de perturber le réflexe normal de vidange de la vessie. Gardez-le uniquement pour repérer la sensation.

Repère n°3 (femmes) : sensation « de fermeture et de remontée »

Allongée, jambes fléchies, imaginez que vous remontez doucement un tampon à l’intérieur du vagin. Vous devez ressentir une fermeture vers l’intérieur, puis une légère remontée.

Signes que vous faites fausse route

Dans un bon Kegel :

Une fois cette sensation identifiée, vous pouvez passer au renforcement.

La méthode simple pour débuter les Kegels (sans se décourager)

Comme pour tout muscle, le plancher pelvien se renforce progressivement. Inutile de viser 200 contractions par jour dès demain : mieux vaut une petite routine régulière, bien faite.

Je vous propose une progression en trois paliers. À adapter selon votre niveau et vos sensations.

Position de départ

Pour débuter, installez-vous :

L’idée : limiter les tensions parasites et vous concentrer sur le ressenti.

Palier 1 : apprendre le mouvement

Objectif : 1 à 2 séries par jour pendant 1 semaine.

Palier 2 : renforcer la force et l’endurance

Objectif : 2 séries de 10 contractions, 1 à 2 fois par jour, pendant 4 à 6 semaines.

Palier 3 : travailler la réactivité (les « contractions éclair »)

Dans la vie réelle, votre périnée doit parfois réagir très vite : quand vous toussez, éternuez, sautez.

À faire à la suite des exercices d’endurance, 1 fois par jour.

Repère pratique : si au bout de quelques répétitions, vous sentez que la contraction devient floue, moins forte, ou que vous contractez les fesses à la place, arrêtez-vous. La qualité prime sur la quantité.

Comment intégrer les Kegels dans votre quotidien (sans que ça devienne une corvée)

Le meilleur programme d’exercices est celui que vous tenez plus d’une semaine. Pour ça, le plus efficace est d’associer vos Kegels à des habitudes déjà en place.

Exemples de moments dans la journée :

Idée simple : choisissez deux moments fixes. Par exemple :

Quelques astuces pour tenir dans le temps :

Une fois que le geste est bien intégré, vous pouvez l’utiliser dans les situations à risque de fuite :

Erreurs fréquentes à éviter

En consultation, je retrouve souvent les mêmes erreurs, qui ralentissent les progrès ou entretiennent les symptômes.

Combien de temps avant de voir des résultats ?

Les données scientifiques et l’expérience clinique convergent :

Les études montrent que les exercices de renforcement du plancher pelvien, réalisés correctement et régulièrement, diminuent nettement :

Mais la clé, c’est vraiment la régularité. Mieux vaut 5 minutes par jour pendant 3 mois que 30 minutes une fois par semaine.

Et le sport dans tout ça : amis ou ennemis du périnée ?

Le sport n’est pas l’ennemi du plancher pelvien, loin de là. Un corps en mouvement, avec un poids stabilisé, c’est souvent un périnée qui se porte mieux. Mais certains sports augmentent beaucoup la pression sur le hamac musculaire.

Sports à impact élevé ou pressions répétées :

Ça ne veut pas dire qu’il faut les arrêter systématiquement. Mais :

En parallèle, certains sports sont plus « périnée friendly » :

Quand consulter un professionnel plutôt que de faire seul(e) ?

Les exercices de Kegel sont une excellente base, mais ils ne remplacent pas un avis médical dans certaines situations.

Consultez votre médecin, sage-femme ou kiné spécialisé(e) si :

Dans ces cas, une rééducation périnéale guidée est souvent indiquée. Elle permet :

Autre point important : chez certaines personnes, le plancher pelvien n’est pas « trop faible » mais trop contracté. Dans ce cas, faire uniquement des Kegels peut aggraver les douleurs. D’où l’intérêt d’un bilan si vous avez des doutes.

Plan d’action simple pour les 4 prochaines semaines

Pour vous aider à passer du « je devrais » au « je fais », voici un plan concret.

Au bout d’un mois, faites le point :

En cas d’amélioration partielle, poursuivez encore 2 mois. En cas d’absence de progrès ou de gêne importante, parlez-en à votre médecin pour orienter vers une rééducation périnéale adaptée.

Prendre soin de son plancher pelvien, ce n’est pas du « luxe » ou un sujet réservé au post-partum. C’est un vrai investissement pour votre confort au quotidien, votre autonomie plus tard, et même votre vie sexuelle. Les exercices de Kegel demandent peu de temps, ne se voient pas, ne coûtent rien… mais peuvent vraiment changer la donne si vous les pratiquez régulièrement et correctement.

Quitter la version mobile