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Comment reprendre une activité physique en douceur après une longue période d’arrêt sans se blesser

Comment reprendre une activité physique en douceur après une longue période d’arrêt sans se blesser

Comment reprendre une activité physique en douceur après une longue période d’arrêt sans se blesser

Vous avez arrêté le sport depuis des mois, voire des années. Entre le travail, les enfants, la fatigue, vous avez “fait une pause”. Et maintenant, vous sentez que ça ne va plus : souffle court en montant les escaliers, mal de dos en fin de journée, sommeil agité… Vous vous dites : “Il faut que je m’y remette”.

Problème : dès que vous reprenez trop fort, c’est la même histoire. Courbatures pendant 4 jours, douleur au genou, blocage du dos… et la motivation retombe. Résultat : vous repartez pour plusieurs semaines sans bouger.

Bonne nouvelle : ce n’est pas une question de “volonté” ou de “niveau sportif”, mais surtout une question de méthode. Reprendre une activité physique en douceur, sans se blesser, ça se prépare. C’est ce qu’on va voir ensemble.

Pourquoi le corps n’aime pas les reprises “brutales”

Après une longue période d’arrêt (plus de 3 à 6 mois), plusieurs choses se passent dans votre corps :

Et surtout, il y a un décalage dangereux :

C’est ce décalage qui crée la blessure. L’objectif n’est pas d’éteindre votre motivation, mais de la canaliser. Reprendre “doucement” ne veut pas dire “ne rien faire”. Ça veut dire : augmenter la charge progressivement et intelligemment.

Les signaux qui doivent faire lever le pied (ou consulter)

Avant d’entrer dans le plan de reprise, il faut savoir quand il est raisonnable de consulter un médecin avant de se remettre au sport :

Dans ces cas, une visite médicale préalable est souhaitable pour adapter l’intensité et le type d’activité.

Ensuite, pendant la reprise, certains signaux doivent vous alerter :

Dans ces situations : on arrête l’effort, on glace si c’est local (entorse, douleur musculaire aiguë) et on consulte si ça ne s’améliore pas rapidement.

Objectif des 4 premières semaines : réveiller le corps, pas le casser

Le piège classique : vouloir “rattraper le temps perdu”. Pendant les 4 premières semaines, votre objectif principal n’est pas de perdre du poids ou de “se refaire un cardio”. L’objectif est plus simple :

Recréer l’habitude de bouger, sans douleur persistante ni fatigue excessive.

Concrètement, en début de reprise :

Si ce n’est pas le cas, c’est que le curseur est trop haut.

Plan de reprise “en douceur” sur 4 semaines

Voici un exemple de plan pour quelqu’un qui n’a pas fait de sport structuré depuis longtemps mais qui marche un peu au quotidien. À adapter selon votre niveau de départ et vos douleurs éventuelles.

Semaine 1 : remettre le corps en mouvement, tous les jours

Objectif : 10 à 20 minutes d’activité douce par jour, sans chercher la performance.

Options possibles :

Repères :

Astuce simple : utilisez les moments “incompressibles” de la journée :

Semaine 2 : augmenter légèrement le temps, pas l’intensité

Objectif : 20 à 30 minutes d’activité la plupart des jours, avec encore une intensité modérée.

Vous pouvez :

Exemple de mini-séance de renforcement (sans matériel) :

Repère : si vous êtes encore courbaturé 3 jours après, c’est que vous avez fait trop ou trop intensément. Diminuez les répétitions ou le nombre de séries.

Semaine 3 : structurer les séances

Ici, on commence à parler de “vraies séances”, mais toujours progressives.

Objectif : 3 séances structurées par semaine + de la marche au quotidien.

Exemple de semaine type :

Les autres jours : 10 à 15 minutes de marche tranquille (trajets, escaliers, promenade).

Ce n’est pas “beaucoup de sport”, mais c’est souvent déjà bien plus que ce que vous faisiez avant. Et surtout : votre corps s’habitue.

Semaine 4 : tester un peu l’intensité, sans se griller

Si tout s’est bien passé (pas de douleur persistante, fatigue acceptable), vous pouvez introduire un peu d’intensité :

Par exemple sur la marche :

Ou sur le vélo :

Ce type de séance permet de “réveiller le cardio” sans faire une heure d’effort intense. Et il est souvent mieux toléré qu’un footing continu pour une reprise.

Comment éviter les trois grandes erreurs qui mènent à la blessure

Erreurs classiques que je vois tous les jours en consultation :

La course est très traumatisante pour les articulations, surtout si vous avez du surpoids ou des antécédents de genou/dos. Pour une reprise :

“C’est rien, ça passera” est une des phrases qui m’envoient le plus de patients avec des tendinites chroniques. Une douleur :

n’est pas un simple “petit bobo”. Elle vous signale que la charge est trop importante ou trop rapide. Il faut alors :

C’est pourtant votre meilleur “assurance anti-blessure”. Des muscles plus forts protègent vos articulations. Pas besoin de salle de sport ni de matériel complexe :

Et si je veux reprendre un sport précis (course, tennis, foot, danse) ?

Le principe reste le même : d’abord retrouver une base générale (endurance douce + renforcement), ensuite intégrer les contraintes spécifiques du sport choisi.

Par exemple :

Dans tous les cas, la règle est la même : augmenter un seul paramètre à la fois :

Mais pas les trois en même temps.

Gérer la motivation sans se faire piéger par le “tout ou rien”

“Cette semaine j’ai raté 2 séances, c’est foutu.” Non. Le corps ne fonctionne pas avec un bulletin de notes, mais avec l’accumulation dans le temps.

Quelques repères utiles :

Pour tenir dans la durée :

Quand peut-on dire qu’on est “vraiment” reparti ?

On me pose souvent cette question : “À partir de quand on considère que la reprise est faite ?”

Quelques indicateurs simples :

À ce stade, on n’est plus dans une simple reprise, mais dans une nouvelle habitude. C’est là que vous pouvez, si vous le souhaitez, commencer à viser des objectifs plus ambitieux (temps de course, randonnée plus longue, etc.), toujours avec la même logique de progression.

Le message à retenir

Reprendre une activité physique après une longue période d’arrêt n’a rien d’exceptionnel. Des milliers de personnes le font chaque année, à tout âge.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas la volonté de “se donner à fond” pendant 15 jours, mais la capacité à :

Si vous avez un doute sur votre état de santé, des douleurs inhabituelles ou des antécédents médicaux lourds, parlez-en à votre médecin avant de vous lancer. Sinon, commencez simple : une paire de chaussures confortables, 10 minutes de marche, et vous venez déjà de faire le premier pas utile pour votre santé.

Le plus difficile n’est pas la première séance. C’est de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un “projet de 3 semaines”, mais d’un investissement pour les 10, 20 ou 30 années à venir.

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