ActiSanté

Premiers secours au quotidien : les gestes simples qui peuvent sauver des vies avant l’arrivée des secours

Premiers secours au quotidien : les gestes simples qui peuvent sauver des vies avant l’arrivée des secours

Premiers secours au quotidien : les gestes simples qui peuvent sauver des vies avant l’arrivée des secours

Vous êtes au restaurant, un ami s’étouffe devant vous. Ou sur le trottoir, quelqu’un s’effondre soudainement. Ou encore à la maison, votre enfant se coupe profondément en aidant en cuisine. Dans ces moments-là, deux choses comptent : garder son sang-froid… et savoir quoi faire dans les 3 premières minutes.

La bonne nouvelle ? Les premiers secours du quotidien reposent surtout sur des gestes simples, accessibles à tout le monde. La mauvaise ? Beaucoup de personnes pensent « je ne saurai jamais faire »… et ne font rien.

Dans cet article, on va revoir ensemble les réflexes essentiels, dans l’ordre de priorité : protéger, alerter, secourir. Objectif : vous donner un vrai mode d’emploi, que vous pouvez appliquer dès demain si besoin.

Les 3 réflexes à avoir avant tout geste de secours

Avant de parler massage cardiaque ou pansement, il y a trois questions à se poser systématiquement :

Ces trois réflexes conditionnent tout le reste.

1. Protéger : ne vous mettez pas en danger

Un secouriste supplémentaire au sol ne sert à rien. Avant d’approcher :

2. Alerter : qui appeler et quoi dire ?

En France, gardez ces numéros en tête :

Appelez sans hésiter si :

Au téléphone, dites calmement :

Restez en ligne tant qu’on ne vous dit pas de raccrocher : le régulateur médical vous guidera étape par étape.

3. Secourir : s’adapter à l’état de la victime

Un seul critère va tout changer : la personne respire-t-elle normalement ?

Mettre quelqu’un en position latérale de sécurité (PLS)

La PLS sert à protéger les voies respiratoires chez une personne inconsciente qui respire. Cela évite que la langue ou des vomissements ne bloquent le passage de l’air.

Quand l’utiliser ?

Comment faire, étape par étape ?

Imaginez la personne allongée sur le dos, vous êtes à côté d’elle :

Ensuite, surveillez sa respiration en attendant les secours. Si elle s’arrête de respirer, repassez immédiatement à la réanimation cardio-pulmonaire.

Réagir face à un arrêt cardiaque : RCP et défibrillateur

Un arrêt cardiaque peut survenir partout, sans prévenir. Ce qui change le pronostic, c’est la rapidité du massage cardiaque et l’usage d’un défibrillateur automatique externe (DAE).

Comment reconnaître un arrêt cardiaque ?

Les 3 priorités :

Comment faire un massage cardiaque chez l’adulte ?

Si vous êtes formé, vous pouvez ajouter des insufflations (30 compressions pour 2 insufflations). Si vous ne l’êtes pas ou si cela vous met mal à l’aise, le massage seul est déjà très utile.

Et le défibrillateur (DAE) ?

Les DAE modernes sont faits pour être utilisés par tout le monde. Une fois allumé :

Chaque minute sans massage ni défibrillation fait chuter les chances de survie. Vous ne « remplacez » pas les secours, vous achetez du temps précieux.

S’étouffer : quand et comment faire la manœuvre de Heimlich ?

Petite cacahuète, morceau de viande, jouet chez l’enfant… L’obstruction des voies aériennes fait partie des urgences où votre geste peut faire la différence en quelques secondes.

Reconnaître une vraie urgence d’étouffement

Si la personne tousse fortement, qu’elle fait du bruit, qu’elle parle : ne faites pas de Heimlich, laissez-la tousser, encouragez-la, surveillez-la.

Chez l’adulte et l’enfant > 1 an : la manœuvre de Heimlich

Si elle perd connaissance, allongez-la au sol et commencez une réanimation cardio-pulmonaire après avoir prévenu les secours.

Chez le nourrisson (< 1 an), la technique est différente (claques dans le dos, puis compressions thoraciques spécifiques). Dans le doute, appelez immédiatement les secours qui vous guideront, et formez-vous à ces gestes si vous avez de jeunes enfants autour de vous.

Arrêter un saignement : l’hémorragie

On parle d’hémorragie grave quand le sang coule de façon abondante, en jet, ou remplit rapidement des serviettes / vêtements. L’objectif est simple : comprimer la zone qui saigne.

Les bons réflexes

Ne perdez pas de temps à chercher un « garrot maison » si vous n’êtes pas formé. Dans la majorité des cas, la compression directe bien faite suffit.

Pour les coupures plus petites :

Brûlures du quotidien : eau, huile, soleil, barbecue

Brûlure de four, projection d’huile, coup de soleil sévère… Les réflexes immédiats sont souvent les mêmes.

La règle d’or : REFROIDIR

Ce qu’il ne faut pas faire

Quand consulter ou appeler les secours ?

Pour les petites brûlures superficielles (rougeur locale, douleur, sans cloque importante), après refroidissement, vous pouvez appliquer une crème apaisante spécifique brûlure et protéger par une compresse stérile.

Malaise, AVC, douleur thoracique : quand s’alarmer ?

Tout malaise n’est pas un arrêt cardiaque, heureusement. Mais certains signes doivent immédiatement faire penser à des urgences vitales, surtout chez l’adulte.

Signes qui évoquent un infarctus (crise cardiaque)

Dans ce cas : appelez immédiatement le 15, faites asseoir ou allonger la personne, desserrez ses vêtements, rassurez-la. Ne lui donnez pas de médicaments de votre propre initiative (aspirine, nitroglycérine…) sans avis médical.

Signes qui évoquent un AVC

Pensez au sigle simple : VBF (Visage – Bras – Parole).

Un de ces trois signes suffit pour appeler le 15 sans délai. Chaque minute compte pour limiter les séquelles.

Premiers secours et santé mentale : gestion de la panique

Savoir les gestes, c’est une chose. Pouvoir les appliquer quand l’adrénaline monte, c’en est une autre. Quelques astuces simples pour garder la tête froide :

Après un événement marquant (arrêt cardiaque, accident grave, etc.), il est normal de se sentir chamboulé, de mal dormir, de repenser à la scène. Si ces symptômes persistent plusieurs semaines ou deviennent envahissants, parlez-en à votre médecin.

Se préparer avant d’en avoir besoin

Le meilleur moment pour apprendre les premiers secours, ce n’est pas le jour où quelqu’un s’écroule devant vous. C’est maintenant, quand tout va bien.

Trois actions simples à planifier

En quelques heures de formation pratique, vous pourrez vous entraîner à la PLS, à la RCP, à la manœuvre de Heimlich, aux bandages… Et surtout, vous prendrez confiance.

Dernier point important : les premiers secours ne transforment pas tout le monde en super-héros, mais ils augmentent nettement les chances de survie et diminuent les séquelles. Une compression bien faite, un massage commencé tôt, un appel au bon moment : ce sont souvent ces gestes apparemment « basiques » qui font la différence.

Si vous deviez ne retenir qu’une chose de cet article, ce serait celle-ci : protéger, alerter, secourir. Dans cet ordre, avec des gestes simples. Le reste, on peut toujours le perfectionner ensuite… lors d’une formation, pas au milieu d’une urgence.

Quitter la version mobile