ActiSanté

Alimentation qui fait grossir : habitudes sournoises qui sabotent vos efforts

Alimentation qui fait grossir : habitudes sournoises qui sabotent vos efforts

Alimentation qui fait grossir : habitudes sournoises qui sabotent vos efforts

« Je mange normalement, alors pourquoi je grossis ? »

Scène classique au cabinet : vous montez sur la balance, le chiffre grimpe de 3 à 5 kg par rapport à l’an dernier… et vous me dites : « Pourtant je ne mange pas tant que ça, docteur. »

Quand on discute ensemble, on retrouve souvent les mêmes choses :

Le problème, ce n’est pas un aliment en particulier. Ce sont ces habitudes sournoises, répétées chaque jour, qui sabotent vos efforts sans que vous vous en rendiez compte.

Dans cet article, on va passer en revue les pièges les plus fréquents, voir ce que disent les études, puis surtout mettre en place un plan d’action réaliste, classé par ordre de priorité.

Les habitudes qui font grossir sans qu’on s’en rende compte

Oubliez l’idée du « mauvais aliment magique » qui ferait grossir à lui seul. Dans 90 % des cas, la prise de poids vient d’un excès calorique régulier, parfois très modéré, mais répété.

Quelques dizaines de calories en trop par jour suffisent à faire prendre plusieurs kilos en quelques années. Où se cachent-elles ?

Les boissons qui pèsent lourd… sans vous caler

Les calories liquides sont parmi les plus trompeuses : elles ne calent pas, mais elles comptent.

Individuellement, cela ne paraît pas énorme. Mais répétez ça tous les jours : un soda + un café latte sucré, c’est déjà 250 à 300 kcal, soit l’équivalent d’un petit repas… en plus.

Repère pratique : pour la plupart des adultes, viser 0 boisson sucrée au quotidien et garder l’alcool pour des occasions ponctuelles (1 à 2 verres max par occasion, pas tous les jours) est déjà un énorme pas en avant.

Le grignotage « invisible » qui s’additionne

Quand je demande « Vous grignotez ? », beaucoup répondent « Non, pas vraiment ». Puis en détaillant la journée :

Le cerveau enregistre « presque rien ». La balance, elle, enregistre tout.

Pour vous donner un ordre d’idée :

Ajoutez 2 ou 3 de ces « petites choses » dans la journée, et vous avez sans vous en rendre compte 300–400 kcal en plus.

Les portions qui grossissent… sans qu’on grossisse l’assiette

Vous avez peut-être l’impression de manger « comme avant ». En réalité, les portions standard ont augmenté, à la maison comme au restaurant.

Deux exemples classiques :

Repères simples avec vos mains :

Les aliments « sains »… très caloriques

Il y a les aliments clairement considérés comme « gourmands », et puis ceux qui ont une bonne image santé… mais qui font vite exploser le compteur de calories si on ne fait pas attention aux quantités.

Parmi les plus fréquents :

Le piège, c’est de se dire « c’est sain, donc je peux en manger sans compter ». Sain ne veut pas dire sans impact sur le poids.

L’apéro qui annule la semaine « raisonnable »

Allez, on se détend, semaine difficile, petit apéro. Individuellement, rien de dramatique. Le problème, c’est la répétition et l’addition :

Faites le calcul : si vous avez 2 à 3 apéros copieux par semaine, c’est comme ajouter un jour de repas complet en plus sur la semaine.

Manger distrait : quand le cerveau ne compte plus

Manger devant un écran (télé, série, téléphone, ordinateur) est un ennemi discret de la régulation du poids. Plusieurs études montrent qu’on peut manger 20 à 30 % de plus lorsqu’on est distrait.

Pourquoi ? Parce que vous ne faites pas attention :

Résultat : vous terminez votre plat, parfois vous vous resservez, et une heure plus tard vous avez l’impression de ne pas avoir tant mangé que ça.

Ce que disent les études sur ces « petites » calories

Les recherches en nutrition montrent plusieurs points clés :

Bonne nouvelle : corriger ces éléments permet souvent de stabiliser ou de reperdre du poids, sans régime extrême.

Plan d’action : par quoi commencer pour stopper la prise de poids ?

Plutôt que de tout changer d’un coup (et d’abandonner au bout de 10 jours), l’objectif est de cibler ce qui a le plus d’impact. Voici un plan d’action progressif.

Priorité 1 : ce qui rapporte le plus de résultats

Commencez par là pendant 2 à 4 semaines.

Déjà avec ces 4 gestes, beaucoup de patients arrêtent de prendre du poids, voire commencent à en perdre, sans changer tout le reste.

Priorité 2 : ajuster les portions sans se sentir privé

Quand la priorité 1 est en place, on passe à l’affinage.

L’idée n’est pas de tout peser à vie, mais de recalibrer votre œil pendant quelques jours.

Priorité 3 : modifier le contexte des repas

Enfin, on s’attaque à la façon de manger, pas seulement à ce qu’on mange.

Et les régimes miracles dans tout ça ?

Vous verrez passer des régimes qui promettent -5 kg en 2 semaines en supprimant les féculents, les produits laitiers, le gluten, ou je ne sais quoi encore.

Le point commun de la plupart de ces régimes : ils créent un déficit calorique brutal, donc oui, vous perdez du poids rapidement… souvent de l’eau et du muscle au passage, avec un risque élevé de reprise ensuite.

À l’inverse, corriger les habitudes sournoises :

La perte de poids raisonnable se situe autour de 0,5 kg par semaine en moyenne. Si vous perdez un peu moins mais que vous tenez sur la durée, c’est souvent préférable.

Quand faut-il en parler à votre médecin ?

Modifier son alimentation est utile, mais il ne faut pas passer à côté d’un problème médical sous-jacent. Consultez si :

Votre médecin pourra :

En résumé : traquer les habitudes, pas se battre avec chaque bouchée

Dans la très grande majorité des cas, ce qui « fait grossir » au quotidien, ce ne sont pas :

Ce qui compte, ce sont les automatismes quotidiens :

Si vous souhaitez agir dès maintenant, choisissez un point dans les priorités 1 et 2, et tenez-vous-y pendant 2 semaines, sans chercher la perfection ailleurs. Puis ajustez progressivement.

L’objectif n’est pas de vous rendre obsédé par chaque bouchée, mais de reprendre le contrôle sur ces habitudes qui, elles, ne vous font aucun cadeau si vous les laissez faire.

Quitter la version mobile